{"id":191,"date":"2023-01-11T11:20:47","date_gmt":"2023-01-11T10:20:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.stenope.eu\/?p=191"},"modified":"2023-01-23T13:08:34","modified_gmt":"2023-01-23T12:08:34","slug":"2020-2021-abecedaire-de-soi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.stenope.eu\/index.php\/2023\/01\/11\/2020-2021-abecedaire-de-soi\/","title":{"rendered":"2020 &#8211; 2021 Ab\u00e9c\u00e9daire de soi"},"content":{"rendered":"\n<div style=\"height:40px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery alignwide has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"736\" height=\"768\" data-id=\"471\" src=\"http:\/\/www.stenope.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Casado_01.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-471\" srcset=\"https:\/\/www.stenope.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Casado_01.jpg 736w, https:\/\/www.stenope.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Casado_01-288x300.jpg 288w\" sizes=\"auto, (max-width: 736px) 100vw, 736px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"753\" height=\"768\" data-id=\"477\" src=\"http:\/\/www.stenope.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Casado_28.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-477\" srcset=\"https:\/\/www.stenope.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Casado_28.jpg 753w, https:\/\/www.stenope.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Casado_28-294x300.jpg 294w\" sizes=\"auto, (max-width: 753px) 100vw, 753px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"748\" height=\"768\" data-id=\"473\" src=\"http:\/\/www.stenope.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Casado_09.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-473\" srcset=\"https:\/\/www.stenope.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Casado_09.jpg 748w, https:\/\/www.stenope.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Casado_09-292x300.jpg 292w\" sizes=\"auto, (max-width: 748px) 100vw, 748px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"746\" height=\"768\" data-id=\"479\" src=\"http:\/\/www.stenope.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Casado_32.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-479\" srcset=\"https:\/\/www.stenope.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Casado_32.jpg 746w, https:\/\/www.stenope.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Casado_32-291x300.jpg 291w\" sizes=\"auto, (max-width: 746px) 100vw, 746px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"747\" height=\"768\" data-id=\"480\" src=\"http:\/\/www.stenope.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Casado_33.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-480\" srcset=\"https:\/\/www.stenope.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Casado_33.jpg 747w, https:\/\/www.stenope.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Casado_33-292x300.jpg 292w\" sizes=\"auto, (max-width: 747px) 100vw, 747px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"753\" height=\"768\" data-id=\"481\" src=\"http:\/\/www.stenope.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Casado_39.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-481\" srcset=\"https:\/\/www.stenope.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Casado_39.jpg 753w, https:\/\/www.stenope.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Casado_39-294x300.jpg 294w\" sizes=\"auto, (max-width: 753px) 100vw, 753px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Le Covid-19 n\u2019aura pas seulement d\u00e9bouch\u00e9 sur du n\u00e9gatif. Des fonds soulev\u00e9s par le D\u00e9partement pour amener un peu d\u2019air, par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019artistes, aux institutions plomb\u00e9es nous ont permis d\u2019\u00e9laborer un projet avec un photographe. Mais avant cela, il y a une histoire qui a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9but\u00e9 depuis plusieurs ann\u00e9es. Reprenons-l\u00e0 \u00e0 sa source&#8230;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cela fait un moment que Sophie Stavroulakis, enseignante de l\u2019\u00c9ducation nationale, et moi, L\u00e9a Talabard, psychologue, travaillons ensemble \u00e0 Casado, maison des adolescents de Saint-Denis. Nous avons en premier lieu pens\u00e9 \u00ab\u202f\u00e0 notre mani\u00e8re\u202f\u00bb et avec notre d\u00e9sir, un groupe, pour finalement peu \u00e0 peu tenter de nous approcher au plus pr\u00e8s de ce que pouvaient demander les adolescents ou du moins les adolescents en souffrance qui se pr\u00e9sentaient dans notre institution. Ainsi d\u2019un groupe avec une m\u00e9diation fig\u00e9e, le conte, les histoires, nous nous sommes d\u00e9cal\u00e9es, choisissant de partager un moment important avec eux : le r\u00e9veil &#8211; ce groupe est l\u2019unique qui d\u00e9bute \u00e0 9h30 \u00e0 Casado.\u202f Suit ainsi, apr\u00e8s un petit d\u00e9jeuner &#8211; partag\u00e9 ou non &#8211; aux gr\u00e8s des envies, des disponibilit\u00e9s ou possibilit\u00e9s de chacun, une proposition \u00e0 faire une activit\u00e9 ensemble. Faire&#8230; Parfois nous passons ainsi des s\u00e9ances et des s\u00e9ances \u00e0 \u00ab\u202ffaire\u202f\u00bb ensemble avant que n\u2019advienne quelque \u00e9mergence du sujet propre. \u00ab\u202fAllez on se r\u00e9veille\u202f\u00bb\u202f: nom tr\u00e8s pragmatique pour montrer que l\u2019atelier a lieu le matin, pour dire qu\u2019un temps est n\u00e9cessaire pour y \u00eatre. Atelier pens\u00e9 pour accueillir les d\u00e9crocheurs, les d\u00e9scolaris\u00e9s, les agit\u00e9s, les d\u00e9prim\u00e9s, donc g\u00e9n\u00e9ralement ceux qui ne se l\u00e8vent pas, dorment mal et ont un rapport compliqu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole.&nbsp; \u00ab\u202fAllez on se r\u00e9veille\u202f\u00bb car souvent ces adolescents se sont endormis dans cette posture ; ils ne font plus grand chose, ne sont affect\u00e9s par rien, et surtout\u202f: ils ne veulent rien. Besoin d\u2019un temps de pause pour se r\u00e9veiller, et vouloir pour soi-m\u00eame. Ainsi nous ne faisons que proposer, susciter, essayer, \u00e9chouer et recommencer. Nous passons des jeux de soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 la relaxation, de la cuisine aux collages, des travaux d\u2019\u00e9criture aux discussions&#8230; Et c\u2019est l\u00e0 o\u00f9 nous sentons qu\u2019un petit quelque chose a boug\u00e9&nbsp;: quand ils commencent \u00e0 parler. \u00c0 parler vraiment. Les mots &#8211; maux -, mati\u00e8re palpable, consistante, l\u00e9g\u00e8re comme englu\u00e9e, impr\u00e9cise, trompeuse.\u202f&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 les \u00e9couter nous ne partageons pas le m\u00eame monde, cela c\u2019est malheureusement d\u2019une triste banalit\u00e9, mais ils ne se comprennent pas forc\u00e9ment entre eux.\u202f\u00ab\u202fToi du dis \u00e7a ?\u202f\u00bb. Nous d\u00e9couvrons en \u00e9pluchant quelques mots que ce n\u2019est plus seulement une question de classe sociale, ou d\u2019origine culturelle mais aussi de villes, de quartiers, peut-\u00eatre m\u00eame d\u2019individu. \u00c0 chaque s\u00e9ance, les jeunes nous assomment de nouveaux signifiants. Nouveaux le sont-ils vraiment ? Entre les mots qui changent de sens, ceux qui sont mis au placard \u00ab\u202fAh non Madame vous pouvez pas dire \u00e7a, \u00e7a fait trop bizarre\u202f\u00bb, ceux qui empruntent aux langues \u00e9trang\u00e8res et ceux qui pourraient appartenir au registre de <em>lalangue<\/em>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes quelque peu perdues.\u202f&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, nous avons commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce monde tout particulier qu\u2019ils nous offraient en recueillant des mots, en leur donnant du sens, en soulevant des malentendus, en approfondissant des notions, en&nbsp; cherchant des nuances. L\u2019id\u00e9e nous est venue de cr\u00e9er un dictionnaire de leurs mots influenc\u00e9s par les n\u00f4tres peut-\u00eatre. Des mots noirs, il y est question de cauchemars, d\u2019expulsion, d\u2019exclusion, de bagarres, de violence, mais aussi de filles, d\u2019amour, de libert\u00e9, de famille, d\u2019horizons.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019id\u00e9e d\u2019inscrire, presque de \u00ab\u202fcapturer\u202f\u00bb \u00e0 un temps donn\u00e9 ces mots en mouvements si particuliers et intimes, ces mots color\u00e9s et multi-sens nous a sembl\u00e9 alors essentiel.\u202f&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les regrouper en premier lieu, puis les diss\u00e9quer, les partager, leur donner une place enfin dans un objet commun. Cet objet, ce dictionnaire &#8211; \u00e9ph\u00e9m\u00e8re car il suffit d\u2019un jeune qui s\u2019absente pour que le sens soit autre &#8211; nous a sembl\u00e9 fondamental pour laisser une trace, pour donner la parole \u00e0 ce moment si particulier de la vie qu\u2019est l\u2019adolescence, et peut-\u00eatre m\u00eame l\u2019adolescence pendant le Covid-19. Nous avons eu envie de donner chair, de pouvoir concr\u00e8tement porter ensemble cet ab\u00e9c\u00e9daire remplis de mots, vivants, partag\u00e9s.\u202f&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le groupe les jeunes viennent d\u2019ici et d\u2019ailleurs, sont coll\u00e9giens et lyc\u00e9ens, ont des origines au Maghreb, en Afrique noire, ou encore \u00e0 Madagascar. Le groupe est vari\u00e9 et variable\u202f: les jeunes viennent une fois sur deux, chaque fois, tout le temps, un mois, trois mois, s\u2019arr\u00eatent. Parfois un seul vient, parfois ils sont deux, trois, quatre parfois ils sont dix. Ils ont douze, quatorze, quinze, dix-sept, dix-huit ans, filles, gar\u00e7ons, exclus, d\u00e9scolaris\u00e9s, bavards, \u00ab\u202fabattus\u202f\u00bb, bagarreurs, battus, impulsifs, ils ont des histoires, disent des ragots, ont des chagrins. Il y a du vide, du trop-plein, de la col\u00e8re, de la tristesse, des \u00e9motions m\u00eame s\u2019il faut du temps pour s\u2019en approcher.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Nous nous sommes aussi rappel\u00e9es que l\u2019image fait partie de leur monde. Alors, pour injecter du \u00ab\u202fCasado\u202f\u00bb, nous avons souhait\u00e9 que les jeunes se d\u00e9calent. Plut\u00f4t que l\u2019image virtuelle, nous avons propos\u00e9 la photographie, la vraie. Avec un vrai photographe avec de vrais appareils, avec m\u00eame la chambre photographique, v\u00e9ritable \u00e9toile du monde argentique. Avec la chambre, on doit se poser, faire tranquillement, prendre le temps. Nous ne voulions pas non plus une photo fig\u00e9e, pos\u00e9e. Comment alors saisir sans fixer, comment rendre vivant les jeunes en les faisant s\u2019assoir, comment les prendre de fa\u00e7on authentique tout en respectant leur spontan\u00e9it\u00e9. Un peu comme ces photos en noir et blanc, avec leur position souvent tranch\u00e9e, leur \u00ab\u202ftout ou rien\u202f\u00bb, leurs \u00e9tiquettes \u00e0 jamais coll\u00e9es sur leurs destins. Il s\u2019agissait pour nous de leur montrer toutes les nuances possibles, et justement de leur faire entrevoir le gris qui pourrait leur ouvrir de nouveaux horizons.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi que Fausto Urru, artiste sarde, nous a rejoint un mardi de janvier. Fausto \u00e9tait charg\u00e9 de vieux appareils photographiques et de sa mani\u00e8re bien particuli\u00e8re d\u2019habiter le monde. Avec lui aussi il a fallu construire un discours, une histoire commune.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les jeunes qui nous sont orient\u00e9s sont, essentiellement, sans d\u00e9sir. Ils le manifestent en n\u2019allant plus en cours, ou en s\u2019agitant en classe, en constellant leurs pr\u00e9sences d\u2019absences, en disant \u00ab\u202foui\u202f\u00bb comme ils pourraient dire \u00ab\u202fnon\u202f\u00bb. Leur vide est palpable, leur tristesse, leur indiff\u00e9rence aussi. Chacun est repli\u00e9 sur soi.<\/p>\n\n\n\n<p>Premi\u00e8re s\u00e9ance de photographies : \u00e7a rate. Les blagues de Fausto sont \u00e9touff\u00e9es par un silence glacial. Seulement quelques images apparaissent. Toutes les autres s\u2019y refusent.\u202f&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8me s\u00e9ance, les jeunes nous expliquent qu\u2019ils n\u2019aiment pas se voir. D\u2019ailleurs enlever le masque lors d\u2019un portrait s\u2019apparente \u00e0 une mise \u00e0 nu presque g\u00eanante. Et puis on d\u00e9couvre les visages&#8230; On ne reconna\u00eet pas l\u2019autre.&nbsp;\u00ab\u202fAh t\u2019es trop bizarre, je ne te reconnais pas\u202f\u00bb \u00ab\u202fQuoi ? &#8211; dit l\u2019autre terrifi\u00e9e &#8211; mais alors si je ne suis pas moi qui suis-je ? \u00bb Probl\u00e8me technique \u00e0 nouveau, les portraits restent dans l\u2019ombre&#8230;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Troisi\u00e8me jour. L\u2019appareil a de nouveau un probl\u00e8me. Nous &#8211; les professionnels &#8211; sommes d\u00e9pit\u00e9s. Nous nous trouvons dans une institution de soin et \u00ab\u202f\u00e7a\u202f\u00bb nous travaille&#8230; Comment expliquer aux jeunes qu\u2019un photographe puisse avoir un appareil photographique dysfonctionnant. Que tout ce travail fourni ne donne rien ?\u202f\u00c9trangement, aux nouvelles n\u00e9gatives que leur apporte le photographe, les jeunes ne mouftent pas. Certes, l\u2019apathie g\u00e8le tout, la tristesse comme la joie mais&#8230; Il n\u2019y a pas que cela. Une porte s\u2019est ouverte. Et s\u2019il \u00e9tait des leurs ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, au fil des s\u00e9ances \u00ab\u202frat\u00e9es\u202f\u00bb &#8211; qui peu \u00e0 peu le deviennent de moins en moins -, nous voyons les jeunes se d\u00e9couvrir. Au sens figur\u00e9 comme propre. Ainsi E. devient de plus en plus coquette, S. peut nous faire part de ses inqui\u00e9tudes envers la cit\u00e9, V. trouve sa place, oscillant entre la grande s\u0153ur bienveillante avec les plus jeunes ou la bonne amie cr\u00e9ant les liens entre les plus grands&#8230; Les jeunes prennent la parole, nous accueillons ces bourgeons d\u2019intime avec attention.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Alors on tente de tricoter ensemble, d\u2019entrem\u00ealer nos mondes, les mots et les images, de construire une trace commune de ce passage \u00e0 Casado.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Laisser une trace, pas si simple surtout au moment de l\u2019adolescence. Oui je veux faire de la photo mais non je ne veux pas qu\u2019on me prenne, oui je veux qu\u2019on me prenne mais non je ne veux pas donner mon autorisation pour la publication, aller\/retours, ambivalence, toute puissance, r\u00e9gression et puis \u00e7a sert \u00e0 quoi, qui va regarder cet objet\u202f? Avec qui allons-nous le partager\u202f?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Nous nous laissons embarqu\u00e9s par le courant. C\u2019est vrai, qui va s\u2019int\u00e9resser \u00e0 eux, \u00e0 nous\u202f?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les jeunes disparaissent, reviennent, signent une autorisation, font un pas de c\u00f4t\u00e9. L\u2019\u00e9nergie revient, le collectif est l\u00e0. Mais le chemin n\u2019est pas simple.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Quoi prendre en image pour se repr\u00e9senter si on ne s\u2019aime pas soi ? Alors nous passons de parties d\u2019eux morcel\u00e9es &#8211; mains, genoux, cheveux, chemise &#8211; aux fa\u00e7ades de maison, aux ombres fluctuantes, \u00e0 la petite pousse qui sort du bitume pour revenir un peu plus tard vers eux. Depuis peu, l\u2019artiste arrive \u00e0 les capter. Avec sa chambre photographique, immense appareil photo qui en impose, il les amadoue de longues minutes durant. \u00catre soi sans s\u00e9duire, sans rire, sans g\u00eane.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Nous prenons le temps de se chercher, de se trouver.\u202fNous scindons les espaces. Ma coll\u00e8gue et moi d\u2019un c\u00f4t\u00e9, l\u2019artiste de l\u2019autre avec son mod\u00e8le. Chacun passe d\u2019un espace \u00e0 l\u2019autre, \u00e0 son rythme, sans pression puisque l\u2019exp\u00e9rience faisant on se rend bien compte que rater est possible, que cela attaque mais ne tue pas.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Tenter de les comprendre, de les entendre, d\u2019\u00eatre au plus pr\u00e9s. Parfois de l\u2019\u00e9nergie, de la joie, des rires, de l\u2019isolement, des b\u00eatises. Qu\u2019est-ce qu\u2019ils nous disent, qu\u2019est-ce qu\u2019ils nous montrent, qu\u2019est- ce qu\u2019ils nous glissent, que viennent-ils chercher, que viennent-ils prendre ? De quoi parle-t-on, que montre-t-on de nous\u202f?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La complexit\u00e9, l\u2019ambivalence, on se rate, on chuchote, on s\u2019expose, on se retire. On provoque, on a peur, on se tait, et puis on revient. Car c\u2019est ce qui fait la rencontre, l\u2018aventure humaine, \u00e0 chaque pas on craint l\u2019effondrement mais si le cadre est l\u00e0, nous survivons. Ensemble.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">L\u00e9a Talabard &amp; Sophie Stavroulakis<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Ce projet a re\u00e7u le soutien du D\u00e9partement de la Seine-Saint-Denis dans le cadre du Plan de rebond \u00e9cologique et solidaire. Merci au Dr Jean-Pierre Benoit, Chef de service de P\u00e9dopsychiatrie de l&rsquo;H\u00f4pital Delafontaine, de nous avoir laiss\u00e9 la libert\u00e9 de r\u00e9aliser ce projet et \u00e0 l&rsquo;\u00e9quipe de Casado, pr\u00e9sente, inditionnellement.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Covid-19 n\u2019aura pas seulement d\u00e9bouch\u00e9 sur du n\u00e9gatif. Des fonds soulev\u00e9s par le D\u00e9partement pour amener un peu d\u2019air, par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019artistes, aux institutions plomb\u00e9es nous ont permis d\u2019\u00e9laborer un projet avec un photographe. Mais avant cela, il y a une histoire qui a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9but\u00e9 depuis plusieurs ann\u00e9es. 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